« Ma thèse en 180 secondes », les finalistes (2/3)

Suite des portraits des finalistes du concours « Ma thèse en 180 secondes », organisé par le CNRS et la Conférence des présidents d’université. Si le but de la compétition est de vulgariser leur thèse en 3 minutes, ils parviennent sans mal à se présenter en 15 secondes !

Voici 6 des 15 finalistes qui participeront à la finale du concours « Ma thèse en 180 secondes » à Université Claude Bernard de Lyon le 10 juin. Retrouvez les 5 premiers portraits ici, et les 4 derniers seront bientôt publiés !

Thomas Loyau (finaliste Centre et Poitou-Charentes) et le poulet du futur

Passionné par les curiosités et actualités scientifiques en tous genres depuis tout petit, j’ai tout naturellement orienté mon parcours professionnel vers la recherche. Ce sont ces personnes qui me parlaient avec passion de la science qui m’ont transmis ce virus, à moi de le transmettre. La thématique de mes travaux de thèse m’a tout de suite passionné. En résumé, on augmente de façon cyclique la température des œufs dans les couveuses, et on obtient à l’âge adulte des poulets qui supportent beaucoup mieux la chaleur. Ma mission : déterminer grâce à quels mécanismes biologiques ces poulets supportent mieux cette chaleur à laquelle ils sont très sensibles. Pour moi, la vulgarisation est aussi importante que la publication dans des grands journaux scientifiques : la recherche publique est en partie financée par le public, il me parait donc primordial de restituer nos travaux au grand public et pourquoi pas entrainer des vocations, tout l’intérêt de l’opération « Ma thèse en 180 secondes » prend tout son sens ici !

Laurissa Ouaguia (finaliste Nord-Pas-de-Calais) un engagement pour le Cameroun

Je suis Laurissa Ouaguia, doctorante à l’Institut de Biologie de Lille dans l’équipe IRCV (ImmunoRégulation des Cancers Viro-induits) dirigée par le Dr Nadira Delhem. Je suis par ailleurs inscrite à l’université de Lille 1 dans l’UFR de Biologie. Mes travaux de recherches portent sur la compréhension des mécanismes que le virus de l’hépatite C (VHC) utilise pour détourner la réponse immunitaire de l’Homme. En effet, j’essaie de comprendre pourquoi certains patients répondent parfaitement aux traitements antiviraux alors que d’autres pas.

Depuis toute petite déjà, la science et la recherche m’ont toujours passionné. J’ai commencé des études en Biologie au Cameroun et ce cursus a été couronné par l’obtention d’un Master en physiologie animale à l’Université de Dschang.

A la suite de cette formation, j’ai été admise à l’université de Lille1 ou j’ai poursuivi un cursus en  « Biologie structurale et fonctionnelle » sanctionné par l’obtention d’un  Master Recherche en Biologie santé. A la fin de ce Master, de nombreux sujets de thèse m’ont été proposés mais mon choix s’est naturellement porté sur celui qui proposait d’étudier les interactions entre le VHC et le système immunitaire car l’hépatite C est un problème majeur de santé publique, particulièrement au Cameroun où près de 14% de la population est infectée par le VHC. Depuis le début de ma thèse, je développe ce travail tout en consacrant du temps à l’enseignement et à l’encadrement  de stagiaires.

Le concours « Ma thèse en 180 secondes » est un tremplin efficace qui me permet de vulgariser non seulement mes travaux, mais il me permet aussi de rendre la science et la recherche accessible à tous. Ce concours m’a permis de sortir de mon jargon scientifique habituel pour une forme d’expression plus simplifiée et plus accessible. Grace à lui, je peux discuter de ce que je fais avec toutes les personnes que je rencontre, même celles qui ne sont pas initiées à mon sujet. Enfin, ce concours est un bon moyen de travailler son aisance à l’oral car en tant que futur enseignant-chercheur (je l’espère !), je serai amenée à partager mes travaux devant un public large et peut-être susciter de nouvelles vocations.

Marie-Charlotte Morin (finaliste Alsace) de l’économie à la biologie


A l’origine j’étais économiste. Proposer un modèle de société juste et bienveillant pour chacun est vite apparu comme une utopie. Au lycée, devant la complexité de la gestion des facteurs humains et l’impossibilité d’entrevoir une solution où tout le monde y trouverait son compte, j’ai été absolument envoutée par la biologie. L’évolution fait des miracles en termes de systèmes complexes qui marchent sans trop d’entraves. La science n’est que l’outil qui révèle les détails des rouages si bien huilés du vivant.

Beaucoup de traitements médicaux émanent de l’observation de la nature, et parfois, l’inspiration vient de là où on ne l’attend pas : il existe au fond du rectum d’un ver de 1mm un processus qui pourrait bien nous permettre de remplacer nos cellules dégénérescentes ou lésées. En effet, durant ma thèse, j’ai pu observer le destin peu commun d’une cellule rectale qui, au cours de l’adolescence de ce petit ver, va sortir du rectum et changer fondamentalement d’identité pour devenir un neurone. Comment une cellule différenciée peut-elle changer de destin aussi radicalement ? Imaginez si nous pouvions maitriser ces mécanismes et utiliser des cellules saines et disponibles de notre corps pour les convertir et ainsi recréer des cellules dont nous aurions cruellement besoin.

Ce concours m’a permis de faire découvrir au plus grand nombre les secrets les plus intimes (n’est-ce pas !) de ce nématode. C’est plutôt rare de pouvoir parler de sa thèse, donc disposer d’un micro et une tribune toute ouïe, c’est une aubaine !

Noëmie Mermet (finaliste Auvergne) « passer d’un étonnement à l’autre »

On dit parfois que les choix qui construisent notre avenir sont initiés par un déclic, par quelque chose d’à peine perceptible, et souvent vécu dans nos plus jeunes années. C’est mon cas. Petite fille d’un biologiste, je garde en tête l’image d’un vieux microscope posé sur un bureau de bois et l’odeur du papier poussiéreux des livres d’entomologie. A 10 ans, je voulais être chercheuse en biologie. Plus tard, un travail d’été dans un centre médicalisé pour patients atteints de la sclérose en plaques a fait exploser en moi un intérêt grandissant pour le fonctionnement et surtout le dysfonctionnement de notre chef d’orchestre : le cerveau. Et aujourd’hui, me voici en 1ère année de thèse où je consacre mes journées à comprendre les mécanismes de la douleur chronique. Plus précisément, je m’intéresse  à un symptôme douloureux très particulier : l’allodynie.  Ce symptôme se traduit par le ressenti d’une douleur très vive suite à une stimulation tactile normalement indolore. Comment ça fonctionne ? A moi de le découvrir en plongeant très profondément dans notre système nerveux central, à la surface des neurones !

Aussi, éprise de l’actualité scientifique en générale, je souhaite m’impliquer dans la vulgarisation scientifique via les médias. C’est pourquoi je me suis présentée au concours « Ma thèse en 180 secondes », avec l’objectif de faire comprendre simplement au grand public ce sur quoi je mets toute mon énergie chaque jour. Un grand Monsieur a dit un jour « la science consiste à passer d’un étonnement à l’autre ». Et moi, j’adore être étonnée ! Et vous ? Pour l’être, rendez-vous le 10 juin, à Lyon !

Benjamin Vest (finaliste Île-de-France) super-héros de la science

Je m’appelle Benjamin, j’ai 23 ans, et s’il y a quelque chose à savoir sur moi, c’est que j’ai toujours rêvé d’être un super héros. Et maintenant, je suis doctorant en deuxième année… mais ça tombe bien, être scientifique, c’est (un peu) jouer aux super héros ! Relever des défis qui semblaient irréalisables, accomplir ce que personne d’autre n’a accompli avant… j’aime la recherche en particulier pour cette poussée d’adrénaline qui est celle de toutes les premières fois, celle de nos accomplissements aussi.

Il y a quelques années, j’ai eu le coup de foudre scientifique pour la lumière, une des plus belles choses que la nature ait donnée à étudier à un physicien. On a commencé à se fréquenter dans une école formidable qu’on appelle SupOptique, et on continue à se voir depuis dans une autre école tout aussi formidable, l’École Polytechnique. Tout ça sur le plateau de Saclay, un charmant coin de verdure au sud de Paris (vous êtes les bienvenus, on a le sens de l’hospitalité). Partout où je vais, la lumière ne me quitte pas… je suis cinéphile, et sans elle, point de cinéma ! Je suis accro à la bande dessinée, et si l’on peut admirer des dessins… c’est encore grâce à elle !

Présenter cette idylle en 180 secondes quel sacré défi… mais c’est un réel plaisir de témoigner de l’énergie des jeunes chercheurs, d’intéresser un public à des sujets qu’il ne soupçonnait pas, de positiver, de pouvoir parler de son travail autrement… et surtout, d’en rire tous ensemble !

Marion Denorme (finaliste Normandie) simplifier les recherches complexes

Alors pour les présentations : Marion Denorme, 27 ans, étudiante normande en 3ème année de doctorat de Biologie Cellulaire à l’Université de Rouen. Le laboratoire DC2N (Différenciation et Communication Neuronale et Neuroendocrine) Unité INSERM 982 m’accueille pour réaliser ma thèse sous la direction et le regard bienveillant du Dr Christophe Dubessy et du Pr Laurent Yon. Dans mon équipe de recherche, nous nous intéressons au phéochromocytome, un cancer rare qui touche la glande médullosurrénale située au-dessus du rein. Ces 3 années de thèse m’ont permis de me spécialiser dans l’étude des mécanismes du développement de cette tumeur et dans l’évaluation de traitements pour la prise en charge des patients qui en sont atteints. J’ai abordé cette problématique en cherchant à inhiber l’angiogenèse, processus qui permet à la tumeur de se développer en détournant les vaisseaux sanguins.

C’est avec un intérêt particulier pour la diffusion de la culture scientifique que je participe aujourd’hui à « Ma thèse en 180 secondes ». Mon objectif est double : permettre au grand public de prendre connaissance de travaux de recherche complexes de manière simple tout en permettant à la science de paraître moins obscure… et tout ça en ayant le plaisir de présenter les résultats de ma recherche !

Pour vous rendre à cette finale animée par Mathieu Vidard, inscrivez-vous gratuitement via ce lien. L’évènement sera également retransmis en direct sur le site mt180 et pour suivre le live sur Twitter utilisez #mt180 ou visitez la page Facebook du concours. Retrouvez également le compte-rendu des finales régionale par Docteo ici.

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