La tête dans les cartons

En me connectant sur la page du blog de l’émission je regarde avec amusement le décor de la bibliothèque qui fait office de fond d’écran. On peut y voir sur la photo, placé au centre, ce buste de l’artiste Sacha Sosno qui avait été offert à l’équipe la première année de l’émission en 2006 à l’occasion d’un festival de films scientifiques dont l’un des trophées était « le Prix Tête au carré ».

C’était avant que l’émission ne soit créée. Ce buste est un peu la mascotte de l’émission. Un objet d’art que j’aime tout particulièrement et qui est la réplique de la bibliothèque de Nice. Il nous a souvent servi pour mettre en scène des photos de la newsletter.

Sur la photo on voit aussi Maria, la créature machine du film Métropolis de Fritz Lang. Ce robot humanoïde de sexe féminin à la fois sensuel et inquiétant servait de carton d’invitation pour l’exposition événement à la Cinémathèque de Paris en 2011.  C’était aussi la pièce majeure de l’expo. Nous avions consacré une Tête au Carré à Métropolis pour parler de cette mégalopole futuriste imaginée par Lang en 2026 et organisée selon un système de castes.

Il y a aussi cette série de livres sur les mathématiques qui avait été éditée par le journal le Monde en partenariat avec l’émission l’année dernière et parrainée par Cédric Villani. Du nombre d’or à la quatrième dimension en passant par les secrets du nombre Pi. Plusieurs volumes renfermant les secrets des maths.

Il y a aussi ces magazines, et ces livres par centaines, toutes ces cartes postales posées sur les étagères et que les auditeurs nous ont envoyées de leur lieu de vacances ou de chez eux pour nous adresser un signe d’amitié, une pensée chaleureuse ou une demande de renseignement.

Il y a cette couronne dorée qui rappelle que le bureau est régulièrement le théâtre de festivité où sont fêtés les rois, les reines et les anniversaires.

Mais… Aujourd’hui en ce début avril, cette même bibliothèque est vide. Tout est rangé dans les cartons qui s’empilent les uns sur les autres et qui font de notre bureau une sorte de camp retranché en attente de la bataille. France Inter déménage dans quelques jours. Pour la première fois de son histoire, La Tête au Carré va connaître les couloirs arrondis de la maison de la Radio. Un nouveau bureau nous y attend, une nouvelle page va s’ouvrir dans la maison mère, ce gros gâteau posé le long de la Seine.

Cet après-midi Violaine, Axel, Swan et Dorothée sont partis en studio enregistrer les chroniques qui seront diffusées pendant la semaine des vacances de Pâques. Chantal est plongée dans « Le subconscient » pendant que Sylvain discute du Sidaction avec un prochain invité et qu’Antoine termine de monter la vidéo qu’il a filmée dans l’ascenseur avec Jean Marc Manach qui est venu parler de piratage sur le Web.

L’après-midi connaît un moment de calme et je décide de m’attaquer aux premiers cartons. En les remplissant ce sont les 7 saisons de l’émission qui défilent. Chaque livre est le souvenir d’un moment d’antenne, d’une rencontre avec un scientifique.  Il faut trier. En profiter pour repenser la future bibliothèque et distribuer avant de les emporter inutilement, les livres qu’on a fait le choix de ne pas conserver.

A l’heure du numérique, les étagères qui croulent sous le poids des bouquins restent le cœur de l’émission. On y garde précieusement les « ouvrages de référence » : Histoire du cosmos, théorie de l’évolution, neurones de la lecture ou origines de l’Humanité. Des milliers de pages auxquelles nous nous référons sans cesse et dont on ne parvient pas à se séparer malgré les consignes de sécurité qui font la chasse aux meubles en bois et aux objets combustibles.

On garde quand même les différentes revues scientifiques qui forment des piles interminables et malgré des articles sans doute disponible sur Internet.

J’essaye d’équilibrer le poids des cartons entre les livres et des objets qui décorent le bureau : dent de requin, bouteille vide de lait de chamelle, cartel souvenir d’une émission à Toulouse avec le Prix Nobel de physique Albert Fert, médaille du Prix Jean Perrin ou fusée Ariane en bois offerte par le CNES lors de notre voyage à Kourou. Un œil sur les archives de la Tête au Carré et je réalise que ce sont 1700 émissions qui font faire le voyage avec nous de l’avenue Mangin jusqu’à la maison de la Radio. Ca donne le vertige ce petit retour en arrière. Mais on a pas le temps de rester rivés sur le passé. Les regards se tournent déjà vers les semaines qui arrivent, car le changement c’est… pour le mois de mai. Un changement salutaire pour bousculer les habitudes, appréhender d’autres espaces et oxygéner les esprits.

D’ici là ce sont des dizaines de cartons à remplir, des mètres de rouleaux adhésifs à dérouler et beaucoup de science à laisser infuser pendant quelques jours avant de lui redonner une nouvelle vie au 116 avenue du Président Kennedy.

Vos commentaires

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  1. Deruyck Vincent

    Bonne continuation, c’est avec joie de vous écoutez ! 🙂

  2. Caroline M.

    Bravo Matthieu ainsi qu’a toute votre equipe. Votre emission est une des meilleures de cette belle radio. Toute ma famille vous aime! Bon courage pour le demenagement. Cordialement, Caroline

  3. Laurent

    J’aime bien votre émission que je ne peux malheureusement pas écouter au boulot !
    Et un coucou spécial à mon ami Guillaume qui fait les plans de votre déménagement !
    Laurent

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