Alma, télescope de l’extrême

Sophie Bécherel notre chroniqueuse du mardi revient d’un voyage de deux semaines au Chili. Elle a visité les deux observatoires de l’ESO : VLT (Very Large Telescope) et ALMA (Atacama Large Milimeter Aray). Dans ce premier billet elle vous décrit le centre opérationnel d’ALMA à 2900 mètres d’altitude qui pilotera à terme 66 antennes.

Au nord du Chili, dans le désert de l’ATACAMA, a été installé un télescope de l’extrême. Situé sur le plateau de Chajnantor, à 1h de la ville de San Pedro de l’Atacama, à 5000 mètres d’altitude, ALMA est un projet international où Américains, Japonais et Européens ont joint leurs efforts techniques et financiers pour arriver à bâtir l’un des observatoires les plus performants au monde.. l’endroit est très sec, le ciel y est pur et adapté à la radio astronomie. Car ce que les  66 antennes paraboliques observent, c’est l’Univers froid, celui qui brille peu…

Ce champ d’antenne fonctionne de manière originale.  54 antennes font  12 mètres de diamètre et pèsent 100 tonnes. Ce sont des monstres, qui couplés entre eux, par la technique de l’interférométrie, permettent d’avoir un télescope virtuel géant.  Alma capte les longueurs d’ondes millimétriques et submillimétriques, 1 millier de fois plus grandes que celles de la lumière visible (voir spectre ci-dessous) et donne ainsi accès à une information différente. Toutes premières galaxies de l’histoire de l’Univers, nuages de poussière, étoiles et planètes en train de naître… Alma est le spécialiste des objets froids.

Pierre Cox directeur d’ALMA, précise les objectifs du télescope :
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Entré en service l’année dernière, ce concentré de technologie n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Il faudra attendre l’automne pour le voir fonctionner dans son mode XXL. En effet, quand elles sont reliées par fibres optiques et réglées par horloge atomique, les 66 antennes fonctionnent comme un unique télescope dont le miroir ferait 16 km de diamètre !

Piloté depuis le centre opérationnel, ALMA ne reçoit pas la visite d’astronomes. Ils font leur demande d’observation depuis leur laboratoire et ici, une équipe permanente organise l’observation en fonction des conditions météorologiques et de la disposition des antennes.

HAKE Nymann, chef de la science opérationnelle à ALMA (traduction Eric Hauswald) :
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Il faut dire que sa situation à très haute altitude est un défi technique et humain. Le centre opérationnel a d’ailleurs été installé en contrebas du plateau à 2900 mètres d’altitude. La sécurité y reste une obsession avec un suivi médical obligatoire pour toute personne devant monter sur le plateau de Chajnantor. Même si Alma est piloté à distance, chaque jour 60% du personnel  travaille à 5000 mètres pour les opérations de maintenance et le positionnement des antennes.

Laura Ventura, du European Southern Observatory :
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